Le mythe du pouvoir solitaire
Par pcy, le lundi 11 janvier 2010 à 17:20 | Décision
Une décision n’est pas une fin en soi. Elle est l’élément central d’un cycle décisionnel. Et, si la prise de décision reste un acte solitaire, la décision est un processus collectif qui se prépare, se prend, est mis en œuvre et enfin s’évalue.
Le cycle décisionnel est, par nature, profondément collectif. Une bonne décision est toujours le fruit d’un consensus sur les causes pour ceux qui la préparent, d’un alignement sur la vision pour celui qui la prend, d’une compréhension des objectifs à atteindre pour ceux qui l’exécutent et de la pertinence des mesures d’appréciation pour ceux qui l’évaluent.
La direction de l’entreprise prépare la décision sous forme d’options, le dirigeant prend la décision en éliminant les options sauf une, l’opérationnel met en œuvre la décision reçue et l’audit évalue les résultats pour une appréciation de situation qui déclenchera le cycle suivant. Chaque phase est sous la responsabilité de personnes différentes. Cette répartition est vitale pour assurer la meilleure impartialité de la réflexion et de l’action au cours du cycle décisionnel.
La préparation de la décision, qu’on peut appeler phase de planification, requiert de construire et de maintenir deux images représentatives, d’une part celle de la situation actuelle et d’autre part celle de la situation souhaitée, après réussite de l’action déclenchée par la décision. Cette situation souhaitée est dite « état final », non parce qu’après il ne se passera rien, mais parce que l’objectif à atteindre est finalisé. Dans la longue vie de l’entreprise, l’état final n’est souvent qu’un état intermédiaire, matérialisant la fin du cycle décisionnel portant la stratégie en cours et le début du cycle suivant. En fait, cette vision est même un peu simpliste, car, pour peu qu’il y ait rupture, les cycles décisionnels peuvent s’enchevêtrer et leur maîtrise devenir très complexe.
La prise de décision, qui a donc été préparée, repose, in fine, sur le substrat culturel du décideur (comment il perçoit, analyse et apprécie la situation) et sur les influences externes (conscientes et inconscientes) que son entourage exerce sur lui.
Elle requiert que le dirigeant ait conscience de cette double influence pour inscrire correctement sa vision stratégique dans l’image de la situation souhaitée (l’état final). C’est cette adéquation (alignement) qui va éviter les erreurs décisionnelles du décideur et insuffler la motivation nécessaire à l’atteinte de l’objectif.
Ainsi donc, si la décision se prend seul, elle n’a de chance de mener à la réussite que si le dirigeant sait « leader » les équipes dans les trois autres phases, tout en leur laissant la marge d’initiative qui convient. En d’autres termes, si l’exercice du pouvoir décisionnel est solitaire, le reste du cycle est l’affaire des managers. L’intuition du décideur peut toujours s’exercer dans les autres phases du cycle, mais dans le cadre de son leadership d’entraînement, d’accompagnement et de partage.


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Par Francis Lenne le mardi 09 février 2010 à 14:56